MIKA sociétaire au Salon des Indépendants à l'origine appelée Salon des refusés en 1884, institution de l'histoire de l'Arts en France.
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BIOGRAPHIE
Né en 1987, Mika Dominguez est un artiste plasticien français dont la pratique s’inscrit à la croisée de la surimpression photographique, de la sculpture, de la peinture, de l’art conceptuel, et d’une réflexion nourrie par des approches scientifiques et philosophiques.
En 2020, il devient sociétaire du Salon des Indépendants, institution majeure de l’histoire de l’art en France fondée en 1884 sous le nom de Salon des Refusés, affirmant son inscription dans une tradition artistique fondée sur la liberté de création.
Formé durant sept années à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en Arts et Sciences des Arts, Mika Dominguez développe très tôt un rapport intime à la création, marqué notamment par une première exposition dès l’âge de quatre ans.
Son enfance est profondément imprégnée de pratiques artistiques pluridisciplinaires théâtre vivant, chant, danse, peinture, dessin nourries par un environnement familial artistique.
Il fréquente également les ateliers municipaux de peinture et de sculpture, ainsi que le conservatoire, où il pratique la musique.
Cette pluralité d’expériences fonde une sensibilité transversale qui irrigue aujourd’hui l’ensemble de son travail.
GENÈSE
DÉMARCHE ARTISTIQUE.
Une écriture photographique singulière
La démarche artistique de Mika Dominguez repose principalement sur la surimpression photographique argentique, réalisée directement sur film négatif, sans aucune retouche ni manipulation numérique, lors de la prise de vue.
Chaque image est conçue en amont comme une construction mentale rigoureuse, anticipant avec précision les jeux de superposition, d’enchevêtrement et de modulation des plans.
Son regard s’attache aux lumières, aux lignes, aux formes, aux textures et aux perspectives du monde réel.
La surimpression devient un outil de transformation du visible, générant un espace d’incertitude, une oscillation volontaire entre réalité et imaginaire.
Cette tension constitue le cœur poétique de son travail : plus le regard s’attarde, plus l’image se révèle, invitant le spectateur à une immersion progressive dans son univers esthétique.
Sur le plan théorique, son travail s’inscrit dans une tradition philosophique du jugement esthétique désintéressé(Kant), où l’œuvre agit comme un support de contemplation et favorise une attention prolongée.
Les œuvres produites, par leur complexité visuelle et leur dévoilement progressif, instaurent un temps de suspension, propice à l’expérience sensible.
Quand l’œuvre devient créatrice
Avec la série Réspirare, Mika Dominguez engage une réflexion sur l’œuvre comme matrice générative.
Inspirée notamment par les photogrammes du Light-Space Modulator de László Moholy-Nagy, la sculpture devient ici productrice d’autres œuvres par le biais de ses empreintes directes : peinture, photogrammes, photographie argentique et radiographie.
Dans un second temps, l’artiste développe des empreintes indirectes à partir de pochoirs issus des photogrammes de Réspirare, ouvrant la voie à de nouvelles expérimentations plastiques et à des collaborations, notamment avec l’artiste Azna, autour des métamorphoses du tissu brûlé.
Réspirare devient ainsi un espace de dialogue.
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Le photogramme comme exploration du médium
Le photogramme occupe une place centrale dans la recherche de Mika Dominguez comme un champ d’exploration du médium photographique.
Affranchi de l’appareil, il permet d’interroger la photographie dans ses dimensions essentielles : la lumière, le mouvement, la perspective…
Cette approche s’inscrit dans la pensée de László Moholy-Nagy.
Chez Mika Dominguez, cette pratique nourrit une réflexion élargie sur la photographie, capable de produire, du mouvement et de la profondeur sans passer par la représentation mimétique.
Portrait non-portrait, une œuvre collective
Avec Portrait-Non-Portrait, Mika Dominguez développe une œuvre évolutive, fondée sur l’échange, le consentement et la co-création.
Le projet naît d’un dialogue avec une personne refusant toute photographie, convaincue que l’appareil capture l’âme.
Plutôt que de contester cette croyance, l’artiste choisit de l’accueillir comme un matériau conceptuel et plastique, ouvrant un espace de création respectueux de cette limite symbolique.
Le film plastique devient alors une interface un filtre protecteur et révélateur à la fois.
Chaque participant se place derrière ce voile, s’inscrit volontairement dans un cadre et devient co-auteur de l’œuvre.
Portrait-Non-portrait interroge ainsi les notions de représentation et d’identité.
Chaque image produite ne constitue pas un portrait au sens classique, mais un fragment de récit partagé, une empreinte singulière intégrée à un corps d’œuvre collectif, en perpétuelle transformation.
ART
INSTITUTIONS, ESPACE PUBLIQUE.
Diffusion de l’art dans l’espace publique.
Dans la continuité de sa volonté de rendre l’art accessible au plus grand nombre, Mika Dominguez entreprend dès 2020 un Tour de France des Mairies et institutions Publiques.
Résidence de recherche : art, trauma et institutions publiques.
De 2025 à 2027, Mika Dominguez est en résidence de recherche au sein du Groupement de Gendarmerie Départementale de la Corrèze.
Ce projet expérimental vise à interroger et à évaluer les effets potentiels de l’art auprès des personnes victimes, notamment celles présentant des manifestations de traumatisme psychologique.
Cette résidence s’inscrit dans une volonté affirmée de confronter l’œuvre d’art à un lieu non dédié à l’art, éloigné des espaces culturels traditionnels, en l’intégrant à un environnement institutionnel et fonctionnel.
L’objectif est d’explorer l’impact de dispositifs artistiques sur l’état émotionnel des victimes dans le temps particulièrement sensible précédant leur audition officielle.
L’artiste émet l’hypothèse que l’exposition à des œuvres visuelles peut créer un temps de suspension, un espace de répit sensoriel et psychique, susceptible de favoriser un apaisement émotionnel et une expression plus posée du témoignage.
RESPIR’ART
Un engagement culturel et sociétal.
Parallèlement à sa pratique artistique, Mika Dominguez développe une réflexion critique sur les systèmes de diffusion de l’art.
En 2020, il fonde RESPIR’ART Manifestation Artistique, née d’un constat sur les mécanismes économiques des salons et des galeries, où l’artiste est fréquemment contraint de financer sa propre exposition, au détriment de la diversité culturelle et de l’accessibilité de l’art au public.
Convaincu que la transmission de l’émotion ne peut être conditionnée par des critères financiers, et que la médiation culturelle ainsi que la scénographie jouent un rôle fondamental dans la réception sensible des œuvres, il ouvre en 2022 l’Espace Culturel RESPIR’ART à Brive-La-Gaillarde.
Pendant un an, il y accueille et accompagne des artistes, concevant l’exposition comme un espace de respiration, de partage et d’expérience perceptive.
